Nuit originale, chronique originale

Lentement je me réincarne, et seulement une fois incorporé j’aurais tout le loisir de paniquer. Cette entrevue avec le Baron Samedi, grand étalage de rhétorique de haut vol et de négociations bien menées des deux côtés (vous saisissez le sarcasme si vous avez lu la dernière chronique sur le cacao qui tue), à été plus que fatiguante. Se maintenir présent au Brésil quand votre corps est à Nancy est très gourmand en énergie, s’accorder suffisamment de présence l’est encore plus, mais s’il fait par dessus tout tenir tête à une entité vaudou de la première génération (à le voir on ne dirait pas mais il a quand même quatre siècles) ça vous achève complètement. En laissant dériver mon corps astral au dessus des remous terribles de l’océan Pacifique, je me rappelle qu’on est… Vendredi. Et merde ! Trois heures pour pondre un papier, j’ai beau être redac chef je n’en ai pas moins d’obligations envers le magazine, d’autant plus qu’officiellement je ne suis qu’un minable licenciard à la fac, avec beaucoup trop de temps libre et pas grand chose à foutre. Allez expliquer à des néophytes que vous traitez avec des démons caribéens pour les protéger du mauvais oeil, vous verrez les grands yeux qu’ils vont vous faire…

Surtout ne pas se presser, se réincarner trop vite c’est comme remonter trop vite en plongée, les conséquences peuvent être désastreuses. D’abord la tête, le torse, les bras… J’ouvre les yeux, allume mon terminal… les doigts, vite… Je me connecte à twitter en quête d’inspiration. Pas le temps d’écouter une saga en trois heures, tout semble perdu jusqu’à ce que je tombe sur un tweet du Bon Docteur Hercouet. Providence, me dis-je, la septième nuit originale à eu lieu il y a quelques jours ! Enfin un sujet sous la dent, j’ouvre Docs et commence à taper…

Le podcast voit défiler des invités de marque comme François Descraques ou Kiyan Khojandi

La Nuit Originale est l’extension de la serie de podcasts d’Hercouet, des séries comme « Qui sont ces gens » ou il interviewe les grands noms du YouTube français, ou « Il faut qu’on parle » ou il débat de sujets de société (il faut dire que le bon docteur à une sensibilité très libertaire, issu de l’école de tumblr ?) Il y a deux ans, il lance un projet ambitieux : un podcast en live, sur toute une nuit, ou se succèdent blind-tests, débats et autres animations aussi variées que leurs présentateurs, des padres de l’Internet francophone, comme les vidéastes François Theurel (Le Fossoyeur de films, Unknown Movies) et Patrick Baud (Axolot) ou le dessinateur de BD et blogueur Gilles Roussel (Boulet, Notes) qui deviendront des habitués. Des invités occasionnels vont se succéder à l’antenne des différentes occurrences du live, de Fred de C’est Pas sorcier a Najate Vallaud-Belkacem alors ministre de l’éducation, en passant par la « voix SNCF ». Des animations régulières comme les blind test en tout genre, musique des années 80, doublage, bandes son de films, ou encore la lecture de creepy pastas à minuit par Axolot et Boulet, mais aussi des plus originales comme l’aventure audio dont vous êtes le héros par PV Nova et Damien Maric dans la 6e nuit, ou les auditeurs étaient invités à choisir entre deux options par le biais de twitter, à la manière des bon vieux Livres dont vous êtes le Héros. Si vous souhaitez écouter les heures et les heures d’émission, sachez que tout est disponible sur Soundcloud, et si vous voulez voir les gens (on pense au duel consommation de TUCs entre Dave Cheikh et le Fossoyeur dans l’heure sur la pop culture, 6e NO), l’intégralité des émissions est sur la chaine Youtube.

Des pas dans le couloir, je me grouille de taper les dernières lignes et d’ajouter les liens, une petite image et voilà, l’article est prêt. Nay’ ouvre la porte, un mégaphone à la main, prête à me rappeler que je suis en retard, je brandis mon doigt lui faisant signe d’attendre, et de l’autre désigne la chronique encore à l’écran. Déçue de ne pas pouvoir faire usage de son jouet, elle est quand même soulagée. « Bon bah t’as plus qu’à enregistrer tes répliques pour le mono ! » dit-elle, histoire de capitaliser son déplacement jusqu’à mon bloc…

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