La quinte juste n°17 : Into the Electric Castle

Bonjour / bonsoir et bienvenue à toutes et à tous pour ce nouveau numéro de La Quinte Juste. Ayreon. Voilà, c’est bon, j’ai écouté, arrêtez de me spammer avec maintenant s’il vous plaît =). Effectivement, cela va faire presque 5-6 mois que l’on me supplie d’écouter et de parler d’un de ces albums faisant partie de ce Ayreon project. Ayant finalement réussi à mettre la patte dessus, je peux enfin vous en parler dans cette chronique, et je vais exceptionnellement changer de plan pour cette fois, afin de vous parler d’abord d’Ayreon avant de vous parler de l’album que j’ai choisi de vous présenter.

 

Ayreon n’est en effet pas vraiment un groupe à  proprement parler : il se qualifie de “projet musical”, créé par un néerlandais, Arjen Anthony Lucassen. Ce dernier  a aujourd’hui écrit 8 albums, qui sont tous (ou presque) des opéras-rock, ou opéras-metal, le prochain album sortant dans littéralement trois jours. Ce qui signifie en effet que tous les albums d’Ayreon sont des albums  concepts ! Au moins, si un jour j’ai un blanc, je saurais de quoi parler. La plupart de ces albums sont des double-albums, particulièrement longs, et l’album que je vais vous présenter aujourd’hui est le numéro 1 des ventes, Into the Electric Castle.

 

Into the Electric Castle est un album mélangeant plusieurs genres, dont le progressif, l’alternatif, le folk, et l’expérimental. C’est le troisième album du projet, paru en 1998, et se caractérise entre autre par sa narration très poussée, et l’utilisation de différents artistes et acteurs pour chaque personnage, ce dernier aspect étant la marque de fabrique d’Ayreon. L’album fut écrit dans le but de compenser les faibles ventes du précédent, Actual Fantasy, ce qu’il réussit à accomplir haut la main. À présent, je vous propose de nous intéresser au récit de l’album.

 

L’album met en scène huit protagonistes, venus de différents lieux et époques, qui se réveillent soudainement dans une autre dimension où le temps et l’espace n’existent pas. Une voix les encourage alors à progresser dans cette dimension, et à rejoindre le Château Électrique pour découvrir ce qu’il s’y trouve. Chaque pièce de l’album correspond donc à une étape de leur voyage. Après plusieurs épreuves, les protagonistes arrivent devant l’Arbre des Choix (Decision Tree en VO), où il leur est révélé qu’au moins l’un d’entre eux périra.

Alors qu’ils franchissent le couloir de lumière, le highlander, pensant qu’il s’agit de la fameuse lueur que l’on voit avant de mourir, refuse d’avancer plus loin. Il se sépare du groupe et commence à rebrousser chemin, avant de tomber sur le sol dans un dernier soupir. Les protagonistes arrivent ensuite dans le jardin des émotions, dans lequel l’égyptienne se retrouve surchargée par ses émotions à en perdre la raison. Elle vit une hallucination du dieu égyptien Amon, persuadée qu’il venait pour sceller son âme, et elle perdit alors toute volonté de continuer.

Les survivants finissent par arriver dans le hall du château, où ils sont confrontés aux esprits des gens à qui ils ont ôté la vie. En s’enfuyant par la Tour de l’Espoir, une légère brise interpelle l’indienne, qui la pousse à aller inspecter l’extérieur de la tour, malgré les avertissements du chevalier et de l’homme du futur. Elle y rencontre la faucheuse, qui l’emmène avec elle.

Enfin, les cinq survivants arrivent devant leur dernier test. Il leur est présenté deux grandes portes ; derrière l’une se trouve Oblivion, l’enfer, et derrière l’autre se trouve un portail qui les renverra dans leurs époques respectives. L’une de ces portes est immense et superbe, entièrement d’or et de pierres précieuses, tandis que l’autre est vieille, usée, et hideuse. Le barbare, fier et arrogant, décida d’emprunter la grande porte d’or à l’inverse de ses compagnons, et tomba dans l’Oblivion pour l’éternité. Les autres découvrirent l’identité de la voix qui les avait guidés jusqu’ici : un être appelé Forever, venant des étoiles. Il leur révéla que leurs épreuves faisaient en fait partie d’une expérience d’un peuple alien, visant à comprendre les émotions des humains auxquels ils avaient donné naissance. Forever renvoya alors les protagonistes chez eux, en leur disant que jamais ils ne se souviendraient de ce lieu.

 

Côté technique, il y a énormément de choses à dire. Parmi les points positifs, on soulignera le talent de composition de Lucassen et de ses collaborateurs, car en effet la musique est très plaisante à écouter, et très riche dans les passages instrumentaux. contrairement à la majorité des albums concepts que nous avons pu traiter ici, Into the Electric Castle est très continu dans son récit, et également très précis et détaillé, ce qui facilite grandement la compréhension, et nous permet de suivre facilement les péripéties des protagonistes. Le fait que chaque personnage soit interprété par un chanteur ou acteur différent est également remarquable et appréciable, toujours dans ce souci de compréhension du récit. On notera la participation surprenante de Fish, qui était le chanteur et compositeur principal de Marillion dont nous avons présenté l’album dans cette chronique il y a un moment.

Cependant, comme cet album est un énorme projet et qu’il y a beaucoup de choses à dire, il y a évidemment quelques points négatifs. Le principal inconvénient de cet album est sa longueur. Même pour un double-album, une durée d’environ deux heures peut paraître excessif, et pour l’écouter en entier il faut vraiment s’accrocher. De plus, au-delà de la durée physique de l’album, par moment il a tendance à s’attarder sur quelques points, ce qui donne cette sensation de lenteur sur certains passages. On remarquera le fait que de mettre la narration et le récit au premier plan est à double-tranchant. En effet, bien que cela améliore le suivi et la compréhension comme je l’ai expliqué plus haut, on a tendance s’ennuyer très vite, en particulier quand la voix s’adresse aux protagonistes, puisque celle-ci ne chante pas, et n’est souvent pas accompagnée par la musique. Je conçois que ce détail est relativement subjectif, et que beaucoup d’entre vous ne trouveront pas ça gênant (surtout sur un site où l’on parle de saga mp3 =p ), mais personnellement je ne peux m’empêcher de penser à The Astonishing de Dream Theater, dans lequel le narrateur qui raconte l’histoire le fait en chantant comme le reste des personnages, en s’intégrant dans la musique.

 

Pour conclure, bien que cet album ait des points négatifs, ils sont largement compensés par tout ce qu’il a à nous offrir, par ses passages instrumentaux ou par son histoire intéressante, mais aussi par son audace, puisque je rappelle qu’Ayreon est à la base le projet d’un seul homme qui a su réunir plus d’une trentaine de personnes pour cet album, et encore plus pour tous les autres. C’est pourquoi je vous le recommande très fortement, même si je sens que cela est inutile puisque beaucoup d’entre vous le connaissent et l’adorent déjà, au point de me spammer, par écrit ET verbalement, pour que je l’écoute moi-même. Bande de méchants.

Pour les autres qui ne font pas partie de ces odieux personnages, je vous invite à découvrir l’album par ici : https://www.youtube.com/watch?v=S0dqeG1Le6U&list=PLA282564F01927111

3 thoughts on “La quinte juste n°17 : Into the Electric Castle

  1. Et ba voilà, enfin !!! :p

    Sinon, article très sympa, même si je suis pas d’accord avec toi sur quelques points.
    Quand tu parles de la voix du Narrateur, le fait qu’elle soit parler et non chanter appuie vraiment le point sur le fait que c’est une personne qui est externe à ce que vive les protagonistes. D’autant plus que pour l’interprétation, on sens le côté froid ( mise à part quelques envolées ), qui nous amène vraiment sur la révélation finale.
    Ensuite sur les longueur, c’est vraiment des passages assez atmosphérique, qui sont vraiment là pour décrire ce que peuvent ressentir ( ou voir ) les personnages dans les pièces du château. Perso, si je devais vraiment un parallèle avec un autre album ou groupe, je dirait quand même qu’on s’approche quand même énormément de Pink Floyd pour le travail de l’ambiance ( avec un The Wall par exemple ).

    Après oui, c’est vrai que le ressentit dépendra de la personne qui écoute à ce moment.
    Après, si des personnes n’arrivent pas à accrocher à cette album, je leurs conseillerai quand même d’en écouter un autre, car même si on reste dans un style opéra-métal, chaque album à son ambiance propre ( et peut être aussi dire que Electric Castle est le seul album qui comporte une narration pareil )

    Voilà ^^

    P.S. : Comment ça on est méchant ? 😮
    P.S.2 : Le dernier : « The Source » est excellent et profite vraiment de la maturité acquise par Lucassen au fil des albums, avec encore plus d’influence différente, passant du métal , au jazz, au celtique, à l’opéra, etc …. EN gros, je le conseille, même si il peut paraître assez particulier 😉

    1. Effectivement, je conçois que mon avis sur cet album puisse diverger de celui des autres, mais bon, si la critique devait représenter l’objectivité incarnée ça se saurai =P. En vérité, je pense également que mon appréciation ait été un peu biaisée : on n’a eu cesse de me louer Ayreon, par leur musique et leur talent d’écriture, et quand je l’ai écouté enfin pour la première fois je suppose que je m’attendais à autre chose…

      Quoi qu’il en soit, merci pour le feedback ça fait plaisir, et puis merci aussi de m’avoir fait découvrir cette musique, qui au fond me plaît beaucoup. Et du coup, bien évidemment que je vais continuer à écouter. Prochaine étape, The Human Equation, ou alors, Universal Migrator pt. 1

      1. Je conçois que la première écoute peut décevoir un peu. Pour être franc, je me souviens de ma première écoute, et je n’avais pas du tout aimé… C’est vraiment en me forçant à écouter d’autres albums que j’ai fini par apprécier.

        Après, si je devais te conseiller dans la prochaine étape, c’est de te diriger plus vers Human Equation, car les 2 albums que constitue Universal Migrator ( The Dream Sequencer et Flight of the Migrator ) sont légèrement différents. C’est plus : un morceau – un chanteur… mais qui est logique dans la narration des albums. Et aussi, les 2 parties sont complètement différentes. La première étant plus porter sur l’atmosphérique, alors que le 2e est vraiment heavy ( qu’est ce que je peux adorer Dawn of a Million Souls avec Russell Allen *-*).
        Mais à contrario, c’est dommage de se passer de ses 2 albums car ils font partie d’un background que Lucassen à mis en place depuis le premier album et se poursuis encore (l’exception étant vraiment Actual Fantasy ).
        Enfin bref… C’est à toi de voir ^^

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