Le vieux baladeur n°29 : La Cage aux Gobelins

« – Mais attendez, c’est un gobelin ?
– Ah ben vous voilà, ça fait des heures qu’on
vous cherche !
– Du calme, Turf. La ponctualité ne doit tout
simplement pas faire partie de leurs coutumes. »
La Cage aux Gobelins – Épisode 1

Qu’est-ce qu’une saga culte ? La réponse n’a sans doute pas de réponse, pas plus que lorsque cela concerne les films, livres ou albums. Toujours est-il que de temps à autre, la sagasphère est prise d’un soubresaut inhabituel à l’arrivée d’une nouvelle saga, dont l’alchimie particulière suscite un enthousiasme contagieux sans qu’on puisse exactement expliquer ce qui la rend si spéciale. Cela donne parfois naissance à de grandes épopées qui confirment le premier succès, tel que dans le cas de Jencyo Rêva. Mais parfois, pour une raison ou pour une autre, le mécanisme se bloque, l’engouement retombe et on en retient un profond sentiment d’inachevé devant ce qui aurait pu être une nouvelle page marquante de l’histoire de la saga mp3. Restent les souvenirs et, quand on sait à qui s’adresser, les épisodes qui continuent à nous emplir de joie. Aujourd’hui, parlons d’un de ces rendez-vous manqués : La Cage aux Gobelins, de Caligo.

Analyse de la saga

La Cage aux Gobelins est une saga mp3 fantastique de Caligo sortie entre janvier 2010 et novembre 2011 et est depuis abandonnée, après 3 épisodes et 2 bonus. Elle se déroule sur Terre à l’époque contemporaine. Le Dr Jerry Witson, scientifique farfelu et raillé par la communauté scientifique, voit son expédition dans la forêt Opalienne opportunément financée par la société Flouze et sle. Ce qu’il pensait n’être qu’un simple voyage à but scientifique a en réalité pour but de gérer une crise rampante entre l’entreprise et un mystérieux groupe, qui s’avère être une tribu de gobelins…

Qu’est-ce qu’une saga culte ? Sûrement un mélange contenant une bonne dose de culture pop, d’humour, de personnages hauts en couleur et d’univers original. Encore que La Cage aux Gobelins n’intègre aucun de ces éléments avec excès. Déjà, ce n’est pas une saga pousse-au-rire, avec des gags toute les deux secondes et des personnages qui gesticulent pour donner l’illusion d’un rythme effréné. La saga propose au contraire une construction plutôt posée, misant sur les dialogues bien ficelés avec un goût particulier pour l’absurde, qui fera notamment plaisir aux fans de Gotlib. C’est un humour «  » »littéraire » » » (tenez compte de la triple paire de guillemets), pas dans le sens pompeux et ch*ant, mais avec un goût du jeu sur les mots et du décalage qui démontre un vrai travail sur le texte de la part de Caligo.

Bannière de La Cage aux Gobelins de Caligo

Même s’ils sont assez peu développés du fait de la courte durée de la saga, les Gobelins sont mon coup de cœur à propos de cette saga. Premièrement, il faut souligner le choix original de ne pas les utiliser dans une saga d’heroic fantasy mais plutôt dans le contexte du paranormal, ce qui rafraîchit un thème que l’on pensait usé jusqu’à la corde. Ils sont en outre plutôt attachants : cela passe par leur voix, leur étrangeté polie, leurs coutumes exotiques… On sent que si la saga avait pu durer plus longtemps ils auraient pu devenir une mascotte de la sagasphère. Les autres personnages ne sont pas en reste, Jerry Winston et son assistant Patrick Smith forment un excellent duo très Laurel et Hardy, sans oublier Artemis, patron de la Flouze et sle, dont la voix à la fois chevrotante et dynamique tout à fait unique me fait regretter de ne jamais avoir pu l’entendre dans une autre saga.

Pour finir, la mise en scène fait une utilisation intelligente de la musique, avec des thèmes variés qui évitent des morceaux trop connus et/ou trop récurrents dans la sagasphère et qui habillent efficacement les différentes scènes en suggérant différentes émotions. Le sound design est soigné et réussi, le seul reproche porte sur les prises de voix, qui sont quelques fois chargées en souffle, sans que cela atteigne un niveau désagréable.

Qu’est-ce qu’une saga culte ? Nous n’avons toujours pas la réponse, mais La Cage aux Gobelins mérite amplement ce titre.

Cote de rareté : Rare

La saga a connu son heure de gloire, qui s’est vite achevée après la fin prématurée de la production. La saga a ensuite disparu de la circulation, étant l’une des nombreuses victimes de la disparition de l’hébergeur gratuit Fileden et n’est depuis plus disponible sur le web (jusqu’à aujourd’hui heureusement).

Vous pourrez retrouver les épisodes de la saga La Cage aux Gobelins via ce lien et jeter un œil à ce qu’il reste du site internet.

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