Boucanerie a Nassau et chocolat des îles

Il y a deux ans c’était la dernière fois que je contactais le Baron Samedi. Déjà que c’est pas donné, un aller-retour en astral pour les Antilles c’est cinq livres de cire brute et le sang de trente et un lapins albinos, un rituel du cinquième livre… Mais ça valait le coup, en contrepartie de « seulement » toutes les âmes des rédacteurs, il protégerait personnellement contre les esprits malins et le mauvais œil un magazine naissant, un certain Weekly MP3…

Il y a deux mois c’était vraiment la dernière fois que j’avais recours à cet enfoiré. Déjà que c’est pas gratuit, cette fois pour relancer ma rubrique j’ai du raquer dix-sept vierges que j’ai du trouver sur place parce-que personne ne m’avait prévenu, et qu’une grille de tarifs des interventions spirituelles des louwas syndiqués des caraïbes malheureusement ça n’existe pas, mais en plus il s’est permis de me rappeler que notre premier contrat touchait à sa fin…

Par ma foi, j’y retourne plus jamais aux Antilles ! Du moins pas en astral. Déjà que c’est pas offert, et qu’un gimmick ça s’use vite, mais en plus il était perdu de vue le salaud de Baron ! J’ai eu beau demander au Grand Guédé ou à l’Erzulie, même Ogun Feraille ne savait pas où trouver ce bougre de diable. Alors je l’ai cherché moi même, Se konsa, mwen gade Baron estipid nan bayou la pou yon semèn comme disent les locaux. Je l’ai trouvé sous un cacaoyer, une cabossé fendue à la main, en train de picorer les graines de cacao comme des chips, pendant qu’il écoutait quelque chose de passionnant sur son balladeur.

– Hey Samedi tu fous quoi ? J’ai battu la cambrousse pour te chercher, tu te planque même des autres louwa !

 Chht bonhomme, j’écoute de la merveille la ! On peut pas être tranquille quand on est un louwa, toujours à être invoqués à droite à gauche pour rien !

Si seulement ça t’apportait de l’argent, je lui lance sarcastique, ce qui a pour effet de le faire rire et de le disposer à m’écouter.

Vas y bonhomme y’a quoi cette fois la. Ti veux serrer une petite ? Faire de l’argent ? Ou t’es venu pour ton « weekli émpétwa » la…

 Juste par curiosité et après j’aurais tout le temps de te parler du magazine, qu’est-ce qu’un louwa immortel peut écouter avec autant d’intérêt ?

Ah ça tu le sais ! Ton magazine c’est que ça, les séries audio. La ça parle de pirates et de cacao, ca m’intéresse !

Le cacao qui tue ??

T’y vois que t’y sais ! Seigneur Jésus la qualité de ce machin la, les acteurs excellents…

– La musique aussi ! C’est bourré de références et de parodies, comme par exemple Le Sloop de John B qui est une reprise de ballade des caraïbes via les Beach Boys, ou encore ce même John B qui fredonne Aguás de março…

Elue meilleure chanson brésilienne ! Dommage qu’il n’y a que dix episodes, mais apparemment ils vont peut être reconduire en saison 2.

Ça tu peux rien y faire ?

Ah dit donc la c’est en Belgique, ça coûte trop cher de bouger en Europe depuis les caraïbes ! Mais ça tu le sais bien…

– Haha très drôle… Pour en revenir au magazine.

J’ai plus envie.

Tu.

A plus envie. Ou sinon je monte le prix !

Mais wesh d’où nos âmes c’est pas assez ??

Bah wesh, business is business ! Pour les deux ans à venir ça sera un sacrifice du troisième livre à chaque pleine lune, et tu m’enverras des sagas à écouter chaque semaine ! Tu peux faire les sacrifices en France, maintenant on les reçoit à l’international !

Mais c’est abusé ! Je vais partir chez la concurrence !

Quoi, les dieux païens celtes ? Avec ta gueule de moricaud ?

Tu profites de ta situation là ! Non je refuse, nos âmes c’est déjà assez !

Alors je vais me charger personnellement de vous pourrir la vie toi et ton magazine !

Cherche pas je cèderais pas !

Bah casse toi !

Bah j’y vais !

Je vous épargne le reste des imprécations infantiles qui ont suivi… Je vais douiller quand il me faudra expliquer ça au reste de la rédaction !

 

Le cacao qui tue disponible sur www.lecacaoquitue.fr !

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