Le vieux baladeur n°35 : Calydon

Calydon, prémisses est une saga mp3 écrite par Hikaru Shindo et réalisée par Dychollin dans le cadre de la saga de l’été 2010. Cette saga a remporté toutes les récompenses du concours (Jeu d’acteur, ambiance, qualité audio, scénario, et bien sûr saga de l’été), elle est trouvable sur son site :https://calydon-saga.blogspot.fr/ .

“ À une époque, par delà les frontières d’Hécate et jusqu’aux terres les plus éloignées d’Aertis, tout n’était que désolation. Un sage homme du nom de Sagin entreprit ainsi la lourde tâche d’édifier une cité parfaite, paisible et à l’abri du chaos qui l’entourerait, une cité utopique que Sagin eût cru bon de baptiser Calydon. Quelques siècles plus tard, cette cité était dorénavant passée à l’Histoire. L’aura-t-on reconnue pour son succès ou son échec? Le mystère restait entier… jusqu’à ce qu’un jeune historien ambitieux mette la main sur des manuscrits révélateurs…”

L’histoire, sous forme de mise en abyme raconte un historien qui raconte à ses pairs l’histoire de Sagin qui tenta d’édifier une cité parfaite, Calydon. Dans l’idée du duo Dychollin et Hikaru Shindo, cette saga devait être suivie d’une autre, Calydon, réveil, qui n’a toujours pas vu le jour.
Avant de parler de l’histoire je vais noter que les musiques sont superbement bien choisies, elles sont presque toutes issues du catalogue de Jamendo, avec une grande utilisation des musiques des sublimes groupes Zero-project et DJ Fab.
Je vais me centrer dans cet article sur le personnage de Sagin (qu’il faut prononcer Saginne). C’est un personnage complexe, comme le dira un des historiens à la fin du quatrième épisode. Alors penchons nous sur l’évolution de ce personnage.
Comme il a été dit plus haut, l’histoire est une mise en abyme d’une discussion entre des historiens, et le passé de Sagin nous est révélé au troisième épisode, je ne vais donc pas vous la spoiler. Toujours est-il que suite à des actions peu avouables il souhaite construire un monde nouveau et se met en tête de construire la cité de ses rêves, il recrute une quarantaine de jeunes orphelins de moins de 16 ans et les enferme (oui, ils ne peuvent en sortir et celui qui est parti le paye très cher).
Et son projet pédagogique de la cité n’est pas des plus ravissant. Dans son discours « inaugural » de la cité il annonce à ces enfants (qu’il considère comme ses enfants) que la haine qu’ils ont est un force puissante qui peut les faire accomplir de grandes choses. Ayons une pensée à ce pauvre Dark Vador qui aurait pu être plus gentil si on lui avait laissé aimer sans entraves. Suite à ça il énonce trois règles, qui sont premièrement l’obéissance, puis l’appellation entre elles et eux de frères et sœurs et enfin l’appellation de Sagin comme maître. Enfin il sépare les enfants en trois classes hiérarchisées selon leurs tâches dans la cité.
Bon, on est loin des utopies communautaires et libertaires des années 70. Nous avons affaire à des relations d’autorité et de classes.

La suite de l’histoire nous narre les péripéties de la cité jusqu’au moment où Sagin se rend compte qu’il était mal parti depuis le début. Il décide donc d’envoyer les plus vieux à la mort et il recommence à zéro avec les plus jeunes.
Et comme le changement c’est maintenant il change la dernière règle, les enfants doivent l’appeler père. Musique épique, aparté des historiens et fin de cette belle histoire.

Mouais, mais arrêtons nous un peu sur la nouvelle cité. La relation d’autorité, de classes n’est pas abolie … quelle société Sagin veut mettre en place ? Sagin est-il vraiment le repenti qui veut faire un monde meilleur décrit par les historiens ? Je n’arrive pas à savoir si l’auteur de cette saga nous montre un personnage qui se repend sans cesse, légitiment donc la troisième règle, où s’il montre un personnage obnubilé par le pouvoir au point d’endoctriner et mener à la mort des enfants. La musique épique créé ce décalage, les scènes d’édictions des règles sont illustrée musicalement par des musiques tonitruantes et glorieuses. Si elles étaient plus lugubre nous pourrions y voir le réel visage de Sagin et de sa vision totalitaire et fasciste de la société. Le jeu de Dychollin, interprétant Sagin, laisse aussi planer le doute, les envolées lyriques (très bien jouées d’ailleurs), nous laissent entendre un personnage intègre qui sait se mettre en cause mais qui sait également embrigader et mettre à mort. Le personnage de Rakall est également ambigu (interprété avec brio par Kradukman), il se dit inquiet et plein de reconnaissance pour son maître, mais ses actions renvoient un être fanatique et soumis.

Bref, Calydon, Prémisses est une très bonne saga mp3 interprétée par des acteurs qui se sont bien investis dans leurs personnages, des bonnes musiques et un montage aux petites oignons, mais une question reste en suspend, qui est vraiment Sagin, comment a évolué sa cité de Calydon version 2. Était-ce le sujet de Calydon Réveil ?

SilverSon

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