Le vieux baladeur n°19 : Londres 1887

Cela faisait longtemps que je n’avais pas essayé de lier le sujet de cette chronique à l’actualité. Or, quoi de mieux en cette période d’Halloween que d’évoquer une saga parlant de démons, de morts-vivants, de sectes occultes, et de magie noire. Mais rassurez-vous cher lecteur, ce n’est pas la peur qui vous saisira à l’écoute de cette nouvelle découverte, mais plutôt de nombreux et violents fou-rires. Vous pourrez donc, au soir du 31 octobre, aller sonner chez vos voisins l’esprit tranquille, car vous saurez que les monstres et les psychopathes ont eux-aussi leurs problèmes. Ainsi, nous allons aujourd’hui évoquer Londres 1887, par Selrach, Yvan Seej et Lech.

Analyse de la saga

Londres 1887 est une saga humoristique en 8 épisodes, diffusée entre 2009 et 2011 mais qui semble avoir été abandonnée depuis. Elle se déroule dans une Angleterre de la fin du XIXème siècle peuplée de créatures magiques. On suit les péripéties des membres de la GIFLE (Grosse Intervention Face aux Liches et Extrahumains), une organisation chargée de protéger la population des attaques de créatures maléfiques venues d’autres plans de réalité. Alors que l’histoire débute, une secte malfaisante s’apprête à libérer un démon venu des enfers pour asservir l’humanité. Mais l’équipe d’intervention de la GIFLE ne l’entend pas de cette oreille.

En plus d’en faire le cadre de son histoire, la saga emprunte à l’Angleterre son goût pour l’humour absurde. Le carreleur qui s’avère être un mage surpuissant, l’invocation qui rate à cause d’une confusion d’ordre géométrique, ou encore l’un des membres du groupe d’intervention qui refuse de participer pour cause de fête religieuse, tout dans l’écriture repose sur un décalage entre les situations rencontrées et les réactions des personnages. L’art du dialogue y est porté très haut, toutes les répliques font mouche tout en restant naturelles et bien écrites. La saga se démarque également par sa galerie de personnages hauts en couleurs, tous aussi drôles et loufoques les uns que les autres. J’ai une tendresse particulière pour le général Plissken, dont chaque arrivée est ponctuée par le thème musical du film New York 1997 duquel il est issu, Steven Willis, qui, en plus de sortir plus de 10 répliques cultes à la minute, est une excellente imitation de Bruce Willis, et Billy, le stagiaire intello souffre-douleur, qu’on écoute se faire maltraiter par tout le monde avec un plaisir sadique mais qui reste imperturbable.

Au-delà de son côté comique, l’histoire plaira également aux fans de contes d’horreur et de récits fantastiques. Les plus sagaces d’entre vous y décèleront sans doute les nombreuses références qui parsèment la saga, aussi diverses que le mythe de Cthulhu de Lovecraft, ou Resident Evil. Même si toutes les situations ont un but comique, l’histoire est cohérente, les personnages ne sont pas simplement des prétextes à gags, et on s’embarque rapidement et avec délectation dans cette histoire pleine de mystères, de rebondissements, et de motivations secrètes. On y sent une certaine influence du jeu de rôle papier dans la manière de narrer les événements, ce qui plaira sûrement à bon nombre d’entre vous.

Cependant, cet attachement à l’histoire et aux dialogues bien tournés se fait, comme c’est souvent le cas, aux dépens de la qualité sonore. Les prises de voix manquent d’aigu, ce qui leur donne cette sonorité légèrement étouffée, et la mise en scène se limite au strict minimum, surtout pour les premiers épisodes. Cependant, cela n’empêche d’apprécier l’excellent jeu d’acteur dont bénéficie l’intégralité du casting, maîtrisant parfaitement les intonations et le rythme, ce qui permet à des scènes drôles à la base de devenir hilarantes. Donc à vous de voir si ces quelques défauts surpassent les nombreuses qualités de cette saga atypique, dont on ne peut que regretter qu’elle soit à l’arrêt depuis plus de cinq ans.

Cote de rareté : Rare

Les défauts techniques de la saga en ont rebuté plus d’un, et cette saga n’a jamais eu la chance de trouver son public. Les auteurs n’ont en outre jamais été très actifs en dehors de leur site web qui est heureusement encore accessible, même si les propriétaire sont aux abonnés absents depuis plusieurs années.

Vous pourrez retrouver les épisodes de Londres 1887 sur le site des créateurs.

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