La quinte juste n°9 : The Lamb Lies Down on Broadway

Bonjour / bonsoir et bienvenue à toutes et à tous pour ce nouveau numéro de La Quinte Juste. Jusqu’à maintenant, nous avons traité uniquement des albums concepts parlant de sujets sérieux, parfois graves, et qui souvent s’apparentaient à une critique plus ou moins prononcée de la société. En effet ces thèmes sont très largement appréciés par les albums concepts et doivent couvrir au moins 75% de tout le répertoire. Pourtant, il y en a parfois un qui sort un peu du lot, soit par une ambiance différente, ou son absence de symbolique caché au profit d’un récit plus riche. C’est pourquoi The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis sort un peu du lot.

Paru en 1974, soit un an avant le départ du leader Peter Gabriel, cet album se démarquait un peu du style habituel de Genesis (en tout cas à cette époque). Il fut d’ailleurs assez compliqué à réaliser pour le groupe, car Peter Gabriel insistait pour écrire les paroles lui-même, malgré ses absences récurrentes pendant la période d’écriture. Au final, l’album est devenu un passage obligé de tout fan de Genesis qui se respecte, bien qu’il soit loin d’être le plus connu et le plus accessible; surtout de par son histoire assez… spéciale.

 

Le protagoniste de The Lamb Lies Down on Broadway est un jeune garçon portoricain du nom de Rael. Au début de l’album, Rael était en train de vandaliser les rues de New York City à l’aide d’une bombe de peinture, quand soudain il vit un agneau s’allonger dans Broadway, ce qui le toucha profondément. En marchant dans les rues, il vit un étrange nuage noir, devenant de plus en plus grand. Le nuage s’approcha de lui, et pris la forme d’un écran de télévision qui l’absorba complétement, dans un flash d’images montrant des évènements s’étant produits pendant la journée. Il se réveilla ensuite dans une cave sombre, sans fenêtre, avant de se rendormir (je vous ai prévenu que ça allait être étrange =] ). Lorsqu’il ouvrit les yeux à nouveau, il se trouva alors dans une cage faite de stalactites. La cage se resserra alors sur lui, de plus en plus, jusqu’à presque l’étouffer. Alors qu’il apercevait son frère, John, de l’autre côté, Rael tenta de l’appeler, sans succès. Alors que la cage était sur le point de le transpercer, Rael se réveilla sur le sol d’une usine, où une femme lui offrit une visite. Il aperçut une zone de travail dans laquelle des gens étaient traités et enregistrés, comme des valises, et il put reconnaître d’anciens membres de son gang avec le chiffre 9 tatoué sur leur front. Il eut alors un flashback de retour d’un raid mené par ce gang, et d’un rêve qu’il avait fait dans lequel son cœur, chevelu, était tondu avec un rasoir. À la fin de ce flashback, Rael se retrouva dans un long couloir avec un grand tapis rouge, sur lequel des gens rampait afin d’atteindre la sortie via un escalier en spirale. Au sommet de l’escalier, il se retrouva dans une chambre à 32 portes, où une masse de monde parlait en même temps. Il réussit à s’échapper grâce à une jeune femme qui le mena vers une grotte, puis grâce à la Faucheuse en personne qui le guida vers la sortie. Rael tomba alors dans un bassin, dans lequel se trouvait des Lamias (des femmes-serpents) avec lesquelles il fit l’amour. Cependant, les Lamias moururent après avoir bu son sang. En s’échappant, Rael tomba sur un groupe de Slippermen (des hommes difformes et grotesques), qui avaient tous eu la même expérience avec les Lamias. Alors qu’il se changeait lui aussi en Slipperman, il retrouva son frère John, qui lui expliqua que le seul moyen de retrouver son apparence était d’aller rencontrer un certain Dokteur (non ce n’est pas une faute d’orthographe). Après s’être fait castrés, Rael et son frère repartirent avec leur pénis coupés enfermés dans des capsules, en pendentif autour de leur cou. Un corbeau surgit alors et vola le pénis de Rael (ok après cet article je démissionne), qui se mit à lui courir après. Le corbeau lâcha alors le pénis dans un ravin, dans une rivière sous-terraine. En descendant pour aller le rechercher, Rael retrouva son frère John, dans la rivière, luttant pour rester à la surface, et il décida de plonger pour le sauver. Alors qu’il le ramenait sur la rive, il le retourna et se rendit compte qu’il s’agissait de lui-même. Sa conscience s’envola alors, et il finit par devenir uni avec tout ce qui l’entoure.

 

…Laissons maintenant cette histoire de côté, et parlons d’un sujet plus sain : la musicalité de cet album. Ici, nous sommes dans la transition entre le Genesis de Peter Gabriel, et le Genesis de Phil Collins, et les schémas sont assez inhabituels par rapport à ce qu’avait fait le groupe jusque maintenant. En outre, l’intérêt des pièces de cet album va plus être dans la composition que dans la recherche d’une mélodie ou d’un thème. Dans des pièces comme « In the cage », on saluera la virtuosité des musiciens, et les idées originales qui y ont été introduites, notamment au niveau du rythme. On pourra aussi souligner les nombreux styles différents que l’album a emprunté, qui permettent d’offrir une certaine richesse, et une diversification appréciable, qui participent à rendre l’album unique et mémorable.

Les points négatifs de cet album sont surtout des questions d’accessibilité. En effet, les pièces ne sont pas forcément intéressantes pour les écouteurs ponctuels (les casus quoi), car comme je l’ai dit elles ne sont pas forcément mélodieuses. Qui plus est, l’histoire de l’album, comme vous avez pu le constater, peut provoquer un sentiment de gêne, à moins comme moi d’en faire abstraction.

Pour résumer, The Lamb Lies Down on Broadway est un album très intéressant et très réussi en soit, bien que sa nature ne le rende pas forcément abordable au premier venu. Vous pouvez le découvrir à cet endroit :

2 thoughts on “La quinte juste n°9 : The Lamb Lies Down on Broadway

  1. Bonsoir Enderash,
    merci pour tes chroniques qui font découvrir des albums très intéressants.

    j’en connaissais (the wall, scenes from a memory, the whirldind et celui-ci the lamb lies down broadway)
    et j’en ai découvert d’autres grace à toi (real illusions, V, mindcrime,) qui m’ont bien plu.

    Je ne suis pas aussi calé que toi, et pour etre franc, je n’ai jamais essayé de comprendre les paroles des albums.

    Je suis plus a écouter la voix comme un instrument. mais en lisant tes articles, j’ai pu verifier que mes impressions étaient les bonnes.

    Les albums dont tu parles sont extras: même sans comprendre les paroles on ressent les sentiments par la musique!

    Pour the lamb, qui est le sujet de cette article, c’est une tuerie! comme tu le dis, c’est un album transition entre le genesis et le post-genesis.
    « cuckoo cocoon », « in the cage », « here comes the supernatural anaestheist », « the lamia », « the colony of slipermen »…
    On ne peut pas écouter cet album par morceau à moins de le connaitre par coeur.

    Il a était écrit dans les mêmes conditions que The Wall de Pink Floyd: un seul contre les autres, si je me souviens bien.

    Ce qui est dommage, c’est qu’on n’ait pas de vidéo des concerts qu’ils ont donné à l’époque.. parce que Genesis, avec peter Gabriel, ça en a bouleversé plus d’un (bien qu’il y ait un cover band qui fait bien le boulot: The Musical Box).

    J’attends ton prochain article avec impatience.

    1. Bonjour,

      Déjà merci pour les retours, ça fait plaisir. Je suis très heureux de savoir que j’ai pu faire découvrir des nouvelles choses aux gens.

      C’est vrai que c’est dommage qu’on ait plus trop de traces du vieux Genesis (encore que en cherchant bien on peut trouver des vieux enregistrements de mauvaise qualité fait à la volée par des fans, haha), et un de mes regrets est de n’avoir jamais pu les voir en live ; en revanche j’ai pu voir le guitariste Steve Hackett en tournée solo pour son album Wolflight, un régal. D’ailleurs si tu aimes Genesis je te conseille de regarder un peu leur carrières solos. Bon Peter Gabriel et Phil Collins sont très connus, mais je sais que la carrière solo de Hackett est pas super connue, donc si tu n’as jamais écouté son travail, je te conseille très fortement son premier album « Voyage of the acolyte », qui a un son très Genesis-esque de l’époque, et sinon ses derniers travaux, « Beyond the shrouded horizon » et « Wolflight », qui ont vraiment leur style unique.

      Bonne journée à toi

      PS : excellent choix de pseudo 😉

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