La Quinte Juste n°10 : Octavarium

Bonjour / bonsoir et bienvenue à toutes et à tous pour ce nouveau numéro de La Quinte Juste. Mine de rien, on a fait pas mal de chemin, on a vu pas mal d’albums concepts, et je commence à épuiser ma réserve petit à petit (non je n’ai pas une culture musicale infinie, navré). Point de conclusion hâtive chers lecteurs, j’ai encore un petit paquet d’albums dont j’aimerais vous parler, mais comme je voudrais aussi faire durer la vie de cette chronique le plus possible, et aussi pour me diversifier un petit peu histoire de pas tout le temps faire la même chose, on va commencer à parler d’albums concepts abstraits. Et, quoi de mieux pour aborder ce nouveau sujet, que de parler de mon abum préféré de tous les temps, Octavarium de Dream Theater (attention, cet opus ne sera pas du tout objectif =) ).

Tout d’abord, une petite explication s’impose : quelle est la différence entre un album abstrait, et les albums dont on a parlé jusque maintenant ? Tous les épisodes de La Quinte Juste se sont centrés sur un album qui va se concentrer sur un récit plus ou moins détaillé. Un album concept abstrait est plutôt centré autour d’une thématique ; autrement dit chaque pièce de l’album raconte une histoire indépendante des autres, mais en restant dans une même thématique (pour faire l’analogie, c’est un peu comme « Et la terre éclata »). Octavarium va donc se centrer sur une thématique bien précise, l’octave musicale.

 

Paru le 7 juin 2005, l’album tire son inspiration du concept de l’octave en musique (autrement dit, deux notes séparées d’un intervalle de 8 notes, qui sont les mêmes : do ré mi fa sol la si do). Plus généralement, cet album est très lié au chiffre 8 : c’est le huitième album du groupe, et il possède huit pistes. La seconde thématique de l’album est le mouvement perpétuel, qui est surtout représentée par la dernière pièce éponyme de l’album. Les histoires racontées au travers de l’œuvre sont assez diversifiées : on parle par exemple d’une amitié profonde, d’attentats terroristes, ou encore de crises de paniques. Mais la pièce la plus intéressante, de loin, est la dernière de l’album, « Octavarium ». Il s’agit en fait d’une séries de petites histoires (organisées selon les 5 mouvements de la pièce) qui illustrent le concept de perpétuité : chacun des personnages vont revenir à leur point de départ à la fin de l’histoire. Par exemple la première va parler d’un homme cherchant à ne pas ressembler à un autre, puis au final avec le temps se retrouvera à vouloir lui ressembler ; la deuxième parler d’un patient qui se réveille d’un coma catatonique, et reste conscient quelques minutes avant de replonger.

Alors, tout ça c’est bien joli, mais quel est le rapport avec la thématique me diriez-vous ? Vous vous souvenez, je vous ai dit que l’album comportait huit pistes. Eh bien chaque pièce est écrite dans une tonalité correspondant aux notes de la gamme : la première pièce est en fa, la seconde en sol, puis en la, si, do, ré, mi, et enfin, fa de nouveau. En plus de tout ça, l’album boucle, autrement dit, la fin de l’album est la même chose que le début, ce qui encore une fois permet d’illustrer le mouvement perpétuel. Mais ce qui fait la force de l’œuvre, c’est l’interconnexion qui existe entre chaque pièce, telle une grosse machine dont les musiques seraient les rouages. En effet, en plus du fait que les pistes se suivent sans s’arrêter, le quatrième mouvement de la dernière pièce de l’album, « Intervals », est séparée en huit textes qui vont résumer les histoires des huit pièces de l’album. En plus de ça, pendant que ces textes sont lus, on peut entendre en fond des extraits des musiques correspondantes (le huitième texte parle de « Octavarium » et on peut entendre un extrait, on peut donc entendre « Octavarium » pendant qu’on écoute « Octavarim »… vous suivez… ?), ce qui montre bien que chaque pièce, même si elle raconte une histoire indépendante, est connectée à toutes les autres au sein de l’œuvre.

 

Musicalement parlant, l’album est très bien construit mais cela est surtout dû à sa thématique. Comme chaque pièce est écrite dans la tonalité d’une note de la gamme, cela force l’écriture à être variée : fatalement, on ne pourra pas avoir deux fois la même tonalité dans l’album. On pourra cependant saluer la virtuosité des musiciens, en particulier lors des longs solos et passages instrumentaux de la pièce « Octavarium », et on remarquera aussi la variété de styles différents qui contribue à la diversité de l’album ; même si on reste globalement dans le progressif, on passe en effet par le heavy metal, le rock, la ballade, et même l’orchestration. S’il fallait ne trouver qu’un défaut avec Octavarium, on pourrait parler de la pièce « Never enough », qui semble un peu plus faible que le reste. Même si elle est très bien d’un point de vue objectif, le fait qu’elle soit d’un niveau inférieur au reste de l’album laisse un petit arrière-goût, ce qui est dommage au vu de la qualité générale exceptionnelle de l’œuvre.

Je vous conseille très fortem… non, vous savez quoi, je vous OBLIGE à aller écouter cet album, sinon je vous trouverai et je vous tuerai… allez, j’attends, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien ci-dessous. Faites-le. C’est un ordre.

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