Présentation de saga : L’homme à l’oreille coupée, réalisée par Naïde Lancieaux

L’hiver fait rage dans les rues norvégiennes en cette saison. En quête d’un peu de chaleur et d’un remontant, vous vous engouffrez prestement dans une taverne. Mais là, point de rire gras, de discussions qui s’entremêlent, ou de musique couvrant toute parole. Dans un silence attentif, tous -clients et tavernier- sont là à écouter un vieil homme à l’oreille coupée, contant une nouvelle fois son histoire devant son petit public. Vous passez un temps à, vous aussi, écouter la tragique histoire de cette oreille disparue, avant de finir votre godet et de rentrer chez vous, impressionné tant par l’histoire que les talents d’orateur de cet homme.

Sauf que si vous revenez le lendemain, l’histoire aura encore changée.

Adaptant avec brio un texte de Jean-Claude Mourlevat, Coupie/Naïde Lancieaux nous conte ici l’histoire, ou plutôt les histoires, de cet homme au passé changeant. Réalisée dans le cadre du concours de la saga de l’été 2014, cette petite saga en 5 épisodes s’écoute aisément. Le jeu y est très bon et égal. Le mixage, sobre et maîtrisé, est quasiment irréprochable, et les musiques – par Naïde et Mademoiselle Z – accompagnent avec élégance cette petite pépite audio. Chaque épisode se concentre sur une des histoires de cet intriguant personnage, tout en prenant un peu plus de temps, au fur et à mesure, pour dépeindre l’homme, ses habitudes, son amitié avec le tavernier, sa popularité grandissante…

C’est touchant, c’est drôle, c’est doux, bref, c’est un grand oui. Naïde Lancieaux a ici choisi un très beau texte à adapter, et la réalisation ne fait que sublimer le matériau de base.

Le site de Belisaire House (où vous y trouverez bientôt la saga)

Le topic sur le Netophonix

C’est le genre de petite histoire qui fait du bien à entendre. Pas de grand enjeu terrible, pas de détresse insoutenable, ni de fou rire, juste un moment de douceur dans votre quotidien. On se voit très bien, accoudé à ce bar, à écouter tranquillement cet homme, tout comme on peut se voir raconter à notre tour cette histoire à un enfant ou un ami, un soir, juste pour le plaisir de narrer une histoire simple et touchante. Je pense sincèrement que ce conte me restera en tête un petit bout de temps.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un type de saga qui manque dans la sagasphère, car je suis loin d’avoir tout écouté et il est donc hautement probable que d’autres petites pépites de ce style doivent traîner dans certains recoins d’internet, mais il demeure que c’est assez peu courant, et d’autant plus sympathique à découvrir. De plus il m’a été assez agréable de sentir cette petite patte Naïde Lancieaux-nesque qu’on peut retrouver (dans une toute autre mesure) dans La Légende de L’Ankou, sa saga en cours que je ne peux que vous recommander également, bien que le style y soit radicalement différent.

Bref, prenez une petite demi-heure de votre temps et jetez-y une oreille, ça vaut le détour.

Ranne Madsen, pour vous servir. o>

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